24-03-2019 (femmeinfos.ci) La cargaison de 18 000 tonnes de riz du navire Ocean Princess débarquée au port d’Abidjan continue d’animer les pages des réseaux sociaux et les blogs de plusieurs internautes friands de buzz. Ils ne s’encombrent pas de fioritures pour vouer aux gémonies le Ministre en charge du Commerce et le Directeur général du port.

Il leur est reproché le fait d’avoir laissé débarquer au port d’Abidjan, le contenu de ce navire affrété par Olam, alors même que selon eux, le Ministre et le Directeur général sembleraient informés que le riz serait de qualité douteuse. Mieux, ils s’interrogent sur la démarche des autorités portuaires ivoiriennes qui a permis à un navire refoulé au Togo, d’accoster en Côte d’Ivoire. En la matière, quand bien même leur crainte obéit à un fondement logique, la Côte d’Ivoire demeure un Etat responsable qui n’a pas besoin de se fier aux doutes émis par un autre Etat pour donner dos à des opérateurs qui lui font confiance.

Cependant, il serait intéressant de rappeler que l’Ocean Princess n’a pas été autorisé à débarquer dans le port de Lomé au Togo, non pas parce que sa cargaison serait entièrement constituée de riz avarié, mais plutôt parce que la documentation fournie n’était pas conforme. A juste raison d’ailleurs, les services techniques du ministère en charge de l’Agriculture de ce pays ont refusé d’opérer des analyses phytosanitaires. Toutefois, malgré quelques observations de l’Institut togolais de recherche agronomique, les résultats des analyses physico-chimiques et microbiologiques restent satisfaisants et indiquent que ce riz est propre à la consommation humaine.

Même son de cloche au niveau de la Guinée, où le certificat d’analyses N°1251 de l’Office National de Contrôle de Qualité  (ONCQ) signé par le Directeur général Traoré Zackariah indique que l’échantillon prélevé est du riz blanc Birman 25% brisures et de qualité satisfaisante, propre à la consommation humaine. Pour preuve, 4 000 tonnes des 22 000 tonnes de la cargaison y ont été débarquées.

Il convient de noter que le choix pour le libéralisme impose deux obligations à la Côte d’Ivoire. Ainsi, en même temps que l’Etat a l’obligation de protéger les consommateurs contre les produits de mauvaise qualité, il a le devoir d’assainir le milieu des affaires, en vue de permettre aux opérateurs économiques d’exercer en toute quiétude. Mais, ce choix ne fait pas du pays un dépotoir qui accepte tout ce qui est refoulé ailleurs. Les contrôles inopinés opérés sont bien la preuve que les autorités portuaires et le ministère en charge du Commerce restent préoccupés par la qualité des produits importés.

Cette préoccupation s’est manifesté de fort belle manière le mardi 12 mars 2019. A la clef, une visite suscitée par le ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME dans l’entrepôt où le riz en question est stocké. Ce jour-là, en présence des présidents d’associations de consommateurs, le Directeur général du Commerce extérieur, Kaladji Fadiga, indiquait que les 18 000 tonnes restaient encore en zone portuaire, sous douane, tant que les autorités n’auront pas été situées sur la qualité du riz.

Se voulant rassurant à l’endroit de la population, le Directeur général a, au nom du Ministre en charge du Commerce, souligné que cette cargaison de riz sera détruite, si les résultats des analyses en cours révèlent que le riz n’est pas propre à la consommation. C’est donc le lieu d’inviter les uns et les autres à éviter le buzz sur cette question qui est déjà au centre des préoccupations des autorités.

Sonia Traoré

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