Le Mouvement dénommé « Femme en Action » a célébré le 1er mai 2021, Fête du travail, aux côtés de la Confédération générale des travailleurs de Côte d’Ivoire (Cgt-Ci) à Adjamé. A cette occasion la présidente de ce mouvement, Djè Lou Claire, a délivré un message pour interpeller les uns et les autres sur la situation des femmes pour qui « Femme en Action » lutte pour leur émancipation effective à travers la promotion des valeurs de dignité, de liberté, de justice. Ci-dessous l’intervention de la présidente « Femme en Action ».
Appel de « FEMME EN ACTION » aux Femmes de Côte d’Ivoire à l’occasion du 1er Mai, Fête des travailleurs
« Femmes en Action » est un Mouvement démocratique de femmes de Côte d’Ivoire, dont le but est de réfléchir sur les problèmes des Femmes, de le les sensibiliser, de participer avec elles au luttes pour leur émancipation. Ce combat a pour but de faire la promotion des valeurs de dignité, de liberté, de justice. En effet, les Femmes forment la moitié de l’Humanité et pourtant, malgré les progrès scientifiques gigantesques qui annihilent les préjugés, elles sont encore marginalisées.
Dans les sociétés anciennes, elles jouissaient de grandes considérations parce qu’elles étaient génitrices de l’enfant, garant de la continuité de l’espèce humaine. Certaines de nos sociétés portent encore les vestiges du matriarcat (héritage par la mère), symbole de cette marque sociale.
Aujourd’hui, dans le monde entier, avec la division de la société en classe sociale, la Femme a perdu cette considération. Elle subit une double oppression. Elle subit l’oppression et l’exploitation des classes dominantes ; mais, même quand, elle appartient à cette classe dominante, elle subit l’oppression des hommes de diverses manières.
Comme dans tous les pays dominés par les puissances impérialistes, la situation de la Femme ivoirienne n’est guère reluisante. Le pillage des richesses nationales par l’impérialisme et ses suppôts engendre une pauvreté structurelle que subit la Femme comme tout le Peuple. Elle souffre comme l’homme des affres de la domination impérialiste et de ses serviteurs qui nous gouvernent. Depuis l’indépendance, les dirigeants copient servilement les lois françaises (code de la famille de 1964) sans tenir compte des cultures des nationalités ivoiriennes, bases, pour propulser des normes dans l’évolution de l’éthique universelle de libération du genre HOMO. C’est pourquoi, malgré leurs réformettes soit disant en faveur des femmes, la situation de celles-ci demeure précaire comme en témoignent les situations décrites ci-dessous.
  • Les femmes en ville sont confrontées à l’exploitation capitaliste, à la discrimination et à la pauvreté.
En plus de l’exploitation et de la misère qu’elles subissent, les fonctionnaires et les employées dans les entreprises privées modernes vivent des disparités de revenus et d’avantages sociaux avec les hommes de même grade et de même fonction. C’est l’homme qui bénéficie automatiquement d’abattement d’impôts sur les salaires pour les enfants dont il est le père, pour bénéficier de cet avantage, la femme doit prouver légalement que cet enfant est à sa charge. Elle subit tacitement une discrimination illégale et non codifiée dans l’accès aux postes de responsabilité. Elle subit insidieusement ‘‘le droit de cuissage’’ pour être embauchée ou pour bénéficier d’avancements.
Les commerçantes paient régulièrement les taxes mais elles sont confrontées à l’insalubrité et à l’insécurité sur les marchés ; elles n’ont pas accès à l’assurance maladie et ont des difficultés pour accéder aux crédits. Comme les autres acteurs du secteur informel, elles n’ont pas de retraites. Leurs activités sont régulièrement menacées et perturbées par les déguerpissements après chaque changement de pouvoir dans les communes.
Les élèves et étudiantes  sont confrontées, comme tous les étudiants, à l’insuffisance des bourses accordées, des logements, de protection sociale. Beaucoup ont comme domiciles, les amphithéâtres et les couloirs des cités universitaires.
Les femmes, personnels de maison et les nettoyeuses de rue, sont pour la plupart payées en dessous du SMIG, pour un temps de travail qui varie de 10h à 18h par jour. Elles n’ont aucune protection sociale ; beaucoup n’ont pas de contrat de travail. Elles subissent souvent des violences physiques et sexuelles des employeurs.
  • Les femmes à la campagne
Elles sont confrontées à des difficultés d’accès à la propriété foncière, à l’héritage familial. Les jeunes filles sont reléguées au second plan au profit des garçons quand il s’agit de mettre les enfants à l’école.
L’organisation « Femme en Action » qui entend apporter sa contribution à la lutte pour l’émancipation de la Femme de Côte d’Ivoire se donne pour objectif d’organiser des campagnes de sensibilisation en direction des hommes et des femmes sur l’égalité entre les hommes proclamés dans la Constitution et les lois, d’organiser les femmes des différents des différents secteurs à mener le combat pour l’égalité de l’homme et de la femme en droit et dans les faits.
Tous les progrès de l’humanité qui ont abouti à l’évolution des mentalités sont le fruit des luttes sociales. Ce sont les victimes, qui les premières ont rejeté leur état d’infériorité pour exiger l’égalité en droit et dans les faits. Dans le combat pour l’émancipation de la femme, les femmes doivent donc être en première ligne. Doivent y participer les démocrates et les révolutionnaires pour qui, une société libérée ne peut accepter en son sein une moitié de ses membres opprimés. Tous les acquis de lutte des femmes résultent des combats qu’elles ont mené avec les hommes qui sont pour les libertés et la dignité ;
Aussi « Femme en Action » lance-t-il un appel à la mobilisation, à l’organisation, à la solidarité de toutes les femmes, pour mettre fin à l’oppression et à l’exploitation néocoloniale, base de nos maux.
Abidjan le 1er mai 2021 2021
Femme en Action

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