10-03-2019 (femmeinfos.ci) A l’occasion de la journée internationale de la femme le vendredi 08 mars 2019, dame  Ahou Suzanne, photographe reporter à l’AIP (Agence Ivoirienne de Presse) accordé un entretien à femmeinfos.ci, à travers lequel la professionnelle raconte sa passion pour la photographie et comment ce métier lui a permis de gravir des échelons.

Madame Ahou Suzanne, vous êtes photographe reporter à l’Agence Ivoirienne de Presse. A quelle date remonte votre amour pour la photographie ?

Depuis une vingtaine d’années, bizarrement lorsque j’étais plus jeune, je n’aimais pas qu’on me prenne en photo, j’avais peur des appareils et du photographe (rire). J’avais un frère photographe et lorsque j’ai arrêté les études, il m’a demandé de travailler avec lui. Au début cela ne me disait rien, mais lorsque j’ai vu des femmes photographes qui aimaient ce qu’elles faisaient, ça m’as beaucoup impressionné et j’ai commencé à m’intéresser davantage au métier. Puis, je me suis fixé pour objectif de faire comme ces dames, voire même plus qu’elles. C’est de là qu’est parti mon amour pour la photographie. Je voulais tellement bien faire que, lorsque je prenais des photos, j’allais toujours voir mes devanciers pour leur demander si j’avais bien fait. S’il fallait modifier certaines choses ou améliorer d’autres, jusqu’à ce que moi-même je maîtrise parfaitement.

Par la suite, j’ai trouvé urgent de me coller à une structure où je serais rémunérée, afin que je puisse subvenir à mes besoins. Mes prières ont été entendues. C’est l’occasion pour moi de à toutes les femmes que le respect est essentiel, lorsqu’on veut exceller dans notre domaine parce qu’il ouvre des portes. Dans le studio où je travaillais, je respectais beaucoup mes aînés. Je faisais avec sérieux, respect et acharnement toutes les tâches qu’ils me confiaient. C’est grâce à cela que j’ai pu travailler au ministère de la Communication en 1998. J’ai été dans une sous direction du ministère de la Communication, puis en 2010 au cabinet du ministère de la Communication. Et depuis 2016 je suis à l’AIP.

Combien de pays avez-vous visité grâce au métier de photographe ?

Grâce au travail bien fait et à mon endurance, j’ai fait plusieurs pays de la sous-région et j’ai effectué deux voyages sur la France. Le premier à Monaco, dans le cadre des activités de l’Union de la presse francophone et le second à Paris.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans votre carrière de photographe ?

Franchement, l’opportunité d’emprunter l’avion m’a beaucoup fascinée. Je ne pourrai jamais l’oublier. Je me demandais souvent si j’allais avoir cette chance de monter dans un avion, moi qui ne suis pas arrivée loin à l’école, mais grâce à la photographie ce rêve s’est réalisé. Le jour où mon supérieur m’a demandé si j’avais un passeport, parce qu’on devrait effectuer un voyage pour la France, je n’en croyais pas, je tremblais et j’avais la chair de poule. J’ai répondu oui j’ai un passeport et j’ai même ajouté que j’avais un permis de conduire (rire). Étant dans l’avion je ne croyais toujours pas, je me demandais si c’était moi. On me disait Ahou tu vas à Monaco c’est une très belle ville, une ville des personnes distinguées et j’ai compris que ce n’était pas destiné à tout le monde. Qui aurait cru que moi je serais parmi ce parterre de personnes de grande importance.

Que vous pouvez prodiguer comme conseils aux femmes qui souhaiteraient se lancer dans la photographie ?

Je peux dire à ces femmes et à ces filles qu’elles viennent, il y’a de la place pour tout le monde. Mais qu’elles y mettent tous leur cœur, parce que ce métier n’est pas du tout facile, il y’a des tentations mais qu’elles ne regardent pas tout ça, car le plus important c’est le travail. Qu’elles soient surtout passionnées et qu’elles aiment ce qu’elles font. La photographie est un métier passionnant qui ouvre des portes. Qui aurait cru que moi j’allais rencontrer un jour des ministres, des députés qui allaient me sourire, me serrer la main et dire mon nom. Moi qui ne suis pas arrivée loin à l’école. Voyez-vous, tout cela a été possible grâce à la photographie.

Quel  message voulez vous donner à l’occasion de la journée dédiée aux femmes ?

J’aimerais dire à toutes les femmes qu’il n’ya pas de sots métiers. Les femmes ont toujours été dynamiques, il faut qu’elles se prennent au sérieux et  qu’elles ne  comptent pas toujours sur les hommes. Il faut qu’elles comprennent qu’aujourd’hui, une femme peut partir de rien et devenir une grande dame entreprenante, une personnalité. Moi je suis photographe et je me suis donné corps et âme avec passion, ce qui m’a permis d’effectuer des voyages. Mon dynamisme et mon endurance ont payé.

Réalisé par Syntiche Kazon

 

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