Mme Djea Amoin Odette (Pca à Cooprovici) : « La terre ne ment pas »

 

Mme Djea Amoin Odette épouse Amani est la PCA de la Coopérative des productives du vivrier de Côte d’Ivoire (Cooprovici) basée à Daloa. Présente au Forum économique des sociétés agricoles de Côte d’Ivoire (Fecoopci), elle s’est ouverte à femmeinfos.ci.

 

Cooprovici regroupe toutes les femmes dans le secteur du vivrier. Notre combat c’est de valoriser le secteur du vivrier dans le milieu rural surtout au niveau des femmes.

 

Combien de membres compte la Cooprovici ?

 

Au début, nous étions très nombreuses. Aujourd’hui nous ne sommes que 1 300 femmes. Nous sommes aussi dans le découragement. Parce que nous n’avons pas trop d’appuis. Nous avons été oubliées au niveau du vivrier, en un mot. Quand c’est le côté agricole, les gens se penchent mieux sur les coopératives. Avec le découragement, je fonctionne actuellement avec 550 femmes dans le Haut-Sassandra et au-delà de Daloa.

 

A nos sœurs qui n’ont pas d’activités, mon message est simple, je dis que ce n’est pas seulement aller s’asseoir dans un bureau qu’on arrive à s’en sortir. Je leur demande de sortir d’Abidjan et des grandes villes. Ce qui est sûr, nous avons tous un village. Allez chercher les parcelles pour les mettre en valeur. Une fois arrivée là-bas, il faut se faire de petits groupes et commencer à cultiver. Si c’est le manioc c’est un an, si c’est l’aubergine, c’est 3 mois à 4 mois, si c’est le gombo etc. Au moins chaque mois, tu as quelque chose.

 

Je les encourage et je les interpelle. Actuellement, ce n’est pas de dire que je suis partie à l’école. Non. Qu’elles fassent cette analyse. On dirait que celles qui ne sont pas parties à l’école deviennent plus autonomes que celles qui ont fait les études et qui ont des diplômes. Alors qu’elles retournent à la terre car la terre ne ment pas à l’homme qui la met en valeur. Ma base, c’est le riz et le manioc. La culture du riz dans laquelle nous nous investissons,  chaque 4 mois chaque femmes s’en sort avec au moins cent mille (100 000) FCFA. D’autres mêmes s’en sortent avec deux cent mille (200 000) FCFA.

 

Il faut un peu de courage. Donc je leur demande de sortir, d’aller dans les sous-préfectures, dans les villages pour demander des parcelles. Les conditions sont très simples. Il faut discuter avec les propriétaires de parcelles. Et mettez-vous au travail. Et si elles sont en ville, il ne faut pas rester bras croisés pour attendre le gouvernement pour dire qu’il va leur donner de l’argent. Il faut commencer quelque part, avant qu’on t’aide. Je ne peux pas les encourager de s’asseoir.

Ben Kakou

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