Ôtémé Agui Israël Mardochée a perdu la vie dans des circonstances qui restent encore floues.

24-03-2019 (femmeinfos.ci) C’est la consternation à Azito et Beago, deux villages mitoyens de la commune de Yopougon. Une découverte macabre a plongé les deux villages dans la désolation et l’émoi. Le corps du petit Otémé Agui Israël Mardochée, âgé de 6 ans et en classe de CE1 gisait dimanche matin dans un bassin d’eau entre Beago et Azito. Mardochée était sorti depuis le samedi 23 mars 2019 pour aller s’amuser avec ses amis. Selon son père, Otémé Zaogou Bertin, l’enfant était revenu à la maison à midi avant de repartir avec ses amis. Jusqu’à 17h il n’était pas rentré.

Ce qui est dans ces habitudes. A 19h, son absence à la maison devenait inhabituelle. C’est ainsi que son père alla s’enquérir des nouvelles de son fils auprès d’une voisine où l’enfant a pris l’habitude de suivre les dessins animés à la télévision. La mère de Mardochée l’y avait trouvé quelques heures plus tôt. Mais cette fois, il n’y était plus. La voisine a fait savoir au père de l’enfant que celui-ci était reparti chez lui depuis bien longtemps. De plus en plus inquiet, le père fait sa ronde interrogeant le voisinage, les camarades de jeu de Mardochée et même les passants. Peine perdue.

« J’avais comme un mauvais pressentiment et donc je ne pouvais pas m’asseoir », raconte le père de l’enfant que nous avons trouvé sur les lieux du drame. Deux à trois fois, Otémé Bertin a interrogé les amis de son fils, invariablement ceux-ci ont affirmé ne l’avoir pas vu. Il restait cependant Willy, celui qui avait partagé le repas de Mardochée avec lui à midi. Otémé fonde alors tout son espoir sur Willy et se rend chez ses parents. « Willy dort », lui aurait rétorqué la grand-mère de l’enfant. L’homme est reparti et est revenu et à chaque fois on lui rétorquait que Willy dormait. Cette attitude pour le moins suspecte intriguait le père de Mardochée.

Convaincu que c’est avec Willy qu’il pourrait avoir les meilleures informations, le père de Mardochée revient à la charge et insiste pour qu’on réveille Willy. Mais la grand-mère persiste : « Willy dort, monsieur ». Cette fois M. Otémé n’en pouvant plus et s’est plaint bruyamment. On fait alors venir Willy. Et là, les espoirs du père de Mardochée vont s’estomper tout net en voyant Willy. Ce dernier qui avait pourtant déjeuné à midi avec Mardochée, fait savoir à M. Otémé qu’il ne l’a pas revu depuis ce moment-là.

20h, 21h, 22h…Minuit, Mardochée n’est pas rentré. « Ce dimanche matin un voisin policier m’a conseillé de le laisser parler avec les amis de Mardochée. La rencontre a eu lieu dans un maquis à Azito. Il les a rencontrés séparément leur achetant à chacun de la limonade. Ensuite, il m’a demandé de ramener les enfants chez leurs parents », raconte Ôtémé Bertin. C’est sur le chemin du retour que le pauvre père va découvrir la vérité sur la disparition de son fils.

En cherchant à savoir ce que le policier leur a dit, l’un d’entre eux se lâche : « On a dit la vérité au tonton-là ». Quelle vérité ? Rétorque Ôtémé Bertin. Et le petit de répondre : « Mardochée est tombé dans l’eau, on l’appelle, il ne veut pas sortir. Et puis un tonton nous a chassés et on est parti. »

Chose bizarre, juste après l’aveu des enfants l’on retrouvera la tenue que Mardochée avait portée la veille devant la porte de ses parents. Sorti du bassin d’eau sous le coup de 14h, Mardochée avait le torse nu mais portait encore son dessous. L’enfant saignait encore du nez et avait les yeux tuméfiés. La police et la gendarmerie nationales, ainsi qu’un détachement des sapeurs pompiers militaires étaient sur les lieux pour les constats d’usage. Le médecin légiste, une dame que nous avons approchée a refusé de répondre à nos questions. Il faut noter que le corps de l’enfant a été retrouvé ce dimanche 24 mars sous le coup de midi, dans le bassin coté Beago.

JeanPhilippe Okann

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